Description
Présentation
Agnès DERAIL-IMBERT
Éros et Arès : les enfants de la guerre dans Billy Budd, Sailor de Melville
Cette étude se propose de lire Billy Budd, Sailor comme une fable juridique qui dramatise, dans un double contexte de guerre et de mutinerie, le conflit entre la violence d’une innocence exceptionnelle (Billy) et celle du mal absolu (Claggart). L’une et l’autre, hors la loi, recèle une menace insurrectionnelle que la souveraineté politique (celle du capitaine Vere), pour se maintenir, doit réprimer. Le jugement de Vere l’exécution de Budd , sexerçant au nom de la violence légale, met en œuvre une stratégie qui enrôle la puissance cohésive dÉros au service de la loi mar- tiale, dans une opération qui vise à naturaliser et à sublimer la violence arbitraire de létat dexception.
Against a backdrop of war and mutiny, Billy Budd, Sailor can be read as a juridical drama staging the conflict between the exceptional violence of utmost innocence (Billys) and that of absolute evil (Claggarts). Both infringe the law and both are pregnant with a threat of insurrection which political sovereignty (captain Veres) must eradicate for the sake of its own integrity. Veres sentence condemning Budd to death in the name of legal violence partakes of a complex strategy whose aim is to summon Eross cohesive power in order to buttress martial law and to naturalize and sublimate the arbitrary violence of the state of exception.
Michael GILLESPIE
The Picture of Dorian Gray as a Postmodern Work
Despite the wide range of interpretative approaches to The Picture of Dorian Gray that have appeared since its publication, all seem to assume that a particular set of values or beliefstraditional Judeo-Christian morality, cultural attitudes, nationa- list dispositions, or queer inclinationsis integral to Wildes narrative. This essay challenges the value of any metaphysical reading by asserting that the world of The Picture of Dorian Gray is delineated in strictly physical terms and so is best as a Post-Modern work. Through close reading, this essay shows key points in the narrative that highlight the absence of all values and that underscore the view that characters behave according to strictly material considerations. In the end the essay concludes that Wilde presents a world as grim and bleak as anything found in the works of Samuel Beckett.
Malgré les nombreuses interprétations dont a fait lobjet The Picture of Dorian Gray depuis sa publication, tous les critiques semblent penser quun ensemble de valeurs ou de croyancesquil sagisse de la morale judéo-chrétienne, de positions culturelles, de dispositions nationalistes ou de lhomosexualitéfait partie inté- grante du roman de Wilde. Cet essai remet en question la pertinence de toute lec- ture métaphysique en affirmant que le monde de The Picture of Dorian Gray est délimité en termes strictement physiques et que lon ici affaire plutôt à une œuvre post-moderne. En se fondant sur une lecture détaillée, cet essai montre que des points-clés dans le récit mettent en évidence labsence de toute valeur et soulignent lidée que les personnages se comportent en fonction de considérations purement matérielles. En conclusion, cet article souligne que Wilde donne à voir un monde aussi sombre que celui de Samuel Beckett.
Christopher S. NASSAAR
Hidden Meanings and the Failure of Art : Wildes A Woman of No Importance
Complexity is the hallmark of Oscar Wildes mature works. From « Lord Arthur Saviles Crime » through The Picture of Dorian Gray and Salome, there is an incre- dible amount of complexity wherever we look. When we reach A Woman of No Importance, however, the complexity apparently disappears, and the play is usually read as a conventional Victorian melodrama. A deeper look at the play reveals veiled references to Farquhar, Hawthorne, Arbuthnot and Baudelaire. The refe- rences point to a deep hidden meaning in the play. Traced carefully, they reveal Mrs. Arbuthnot as a deeply corrupt woman who is unaware of the dark recesses of evil within herself. Unfortunately, this suppressed undercurrent of meaning is too dee- ply buried and very difficult to detect, which has led people in general to accept the surface meaning as the true one. The play is thus a stylistic failure, although its veiled thematic content is quite profound.
La complexité caractérise les œuvres dOscar Wilde, de « Lord Arthur Saviles Crime » jusquà The Picture of Dorian Gray et Salome, alors que, dans A Woman of No Importance, celle-ci paraît moins évidente, la pièce étant le plus souvent lue comme un mélodrame victorien conventionnel. Cependant, si on analyse la pièce de plus près, on y décèle des références voilées à Farquhar, Hawthorne, Arbuthnot et Baudelaire. Celles-ci soulignent quil y a dans la pièce un sens caché, et une analyse détaillée révèle que Mrs Arbuthnot est en fait une femme corrompue et inconsciente du mal tapi en elle. Malheureusement, parce que celui-ci est profondément enfoui, on sen est souvent tenu à une lecture superficielle de la pièce. Celle-ci est donc, en un sens, un échec stylistique en dépit de sa profondeur thématique.
Nathalie SAUDO-WELBY
Narratorial authority in Sarah Grands Beth Book (1897)
The Beth Book, a partly autobiographical narrative, is a feminist Bildungsroman told in the third person. Historical, religious and scientifc discourses combine to give authority to the narrators vision of Beth, so that the narrator is fnally in a position to award Beth the title of female genius. Yet, very little is said of the con- tent of Beths « art for mans sake; » the title and the content of her non-fction book are not described; and the novels last words are the name of her Knight, a writer who believes in womans genius to reveal mans own. Avoiding the most direct form of didacticism, Sarah Grand has shifted the emphasis away from Beths message to women to the narrators work of authorizing Beth to progress to her position of public speaker. In the process, this narrator is given a historical consciousness and a sex.
The Beth Book est un roman dapprentissage féministe au contenu en partie auto- biographique. Fondant son autorité sur une analyse historique et un discours reli- gieux et scientifque, linstance narrative fnit par octroyer à Beth le titre de génie féminin. Pourtant, un vide entoure le contenu de « lart pour lhomme » de Beth ; de son ouvrage, on ne sait ni le titre ni le contenu mais seulement quil ne sagit pas de fction ; les derniers mots du roman sont le nom de son « Chevalier », un écri- vain qui croit que le génie des femmes consiste à susciter celui des hommes. Tout en évitant les formes de didactisme les plus directes, Sarah Grand a placé au centre de son roman engagé la tâche de la narratrice omnisciente qui va faire progresser Beth en position dorateur de génie. Au cours de ce processus, la narratrice acquiert une conscience historique et un sexe.
Pierre LONGUENESSE
Yeats et le mélange des genres : du texte à la scène
Dans le projet de « théâtre de limagination » formulé par Yeats dès 1890, le Verbe poétique est porteur dun pouvoir visionnaire, par la performativité de son énoncia- tion concrète portée par le corps de ce que lon nappelle pas encore, avec Georges Banu, un « acteur-poète ». Ce projet fait de lécriture dramatique un objet multi- forme, où le drame na de sens que mis en tension par ce qui le « menace » dans sa pureté générique : la narration, le chant, la danse. ll conduit le dramaturge vers des collaborations audacieuses sur les scènes de ses créations, entre musiciens, compo- siteurs, et danseurs. En somme, loin de « menacer » son théâtre, ces figures dun « hors-champ » artistique sont ce qui en constitue lexpression par excellence, puisque, par le théâtre, est dévolu au verbe le pouvoir extra-ordinaire de faire sur- gir, par sa physicalité propre, aussi bien le souffle du chant que le rythme du corps dansant.
In the « Theatre of Imagination » conceived by Yeats in the 1890s, the poetic Verb is given the power to create visions through the concrete physicality of its uttering by the performing body of what Georges Banu will later call an acteur-poète. …
| EAN13 | 9782252039823 |
|---|---|
| ISBN | 978-2-252-03982-3 |
| Éditeur | Klincksieck |
| Date de publication | 5 septembre 2015 |
| Collection | Études anglaises (Numéro 68) |
| Nombre de pages | 128 |
| Dimensions | 23 x 15 x 0,8 cm |
| Poids | 501 g |
| Langue | français |
| Fiches UNIMARC | S’identifier |






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